En tant qu’une des plus grandes plateformes au monde consacrée au jeux vidéo, Gamescom offre une vitrine idéale pour présenter les nouveautés. SwissGames a saisi cette occasion pour mettre en avant la vitalité de la création suisse actuelle. Dans cette seconde partie de notre rétrospective, plusieurs studios partagent leurs impressions.
Entre promotion, réseautage et matchmaking, Gamescom est l’endroit idéal pour entretenir ses contacts dans le secteur — et, bien sûr, pour présenter ou découvrir de nouveaux jeux vidéo. Cette année encore, Pro Helvetia était présente à Cologne avec son initiative SwissGames, afin de visibiliser à l’international l’industrie suisse. Le stand SwissGames, installé dans la zone Business du hall 4.1, faisait office de point de rencontre. Cinq studios suisses ont également eu l’occasion de présenter et de faire tester leurs créations à l’« Indie Arena Booth » du hall 10.2. Au total, la délégation SwissGames a rassemblé quatorze studios venus à Cologne avec leurs équipes et leurs jeux vidéo. La présence de SwissGames à cet événement a été couronnée de succès et a permis à des milliers de fans de découvrir le savoir-faire helvétique en matière de jeux vidéo.
Une sélection minutieuse
« La présence de SwissGames à la Gamescom a été très fructueuse. En effet, les studios de la délégation ont pleinement tiré profit des échanges directs avec les représentantes et représentants du secteur. Les studios ont été sélectionnés par notre jury international », explique Adriana Garibay, spécialiste Game Design chez Pro Helvetia.
Au-delà des critères généraux, la sélection tient aussi compte d’exigences plus spécifiques. Fort de sa longue expérience, le jury veille à ce que les studios remplissent toutes les conditions requises. Selon Adriana Garibay, les studios participant à la Gamescom « ont des objectifs clairs. Il est également essentiel que leurs jeux soient de grande qualité et que leur développement ait atteint un stade suffisamment avancé pour pouvoir être présentés dans une plateforme d’une telle envergure ».
« Il existe un ensemble de critères généraux auxquels doivent répondre les studios pour être éligibles à une participation à une foire », explique Adriana Garibay. L’une des conditions préalables est que les projets bénéficient déjà d’un cofinancement public ou privé. « Ils doivent également se distinguer par leur originalité, leur faisabilité, un haut degré d’innovation et un bon potentiel de commercialisation, tout en présentant un concept unique », poursuit-elle. « En outre, les droits d’auteur et d’exploitation doivent appartenir au porteur du projet. »
Parmi les projets répondant précisément à ces critères figurait cette année «Kohlrabi Starship». « Kohlrabi Starship ». Ce jeu convivial autour de l’agriculture se déroule dans un futur lointain, où les écosystèmes de la planète ont été exploités et détruits. L’héroïne voyage à travers différentes galaxies à bord du vaisseau spatial de sa grand-mère, dans le but de créer une arche pour les plantes et les animaux — et de transformer sa planète natale en une oasis florissante. « Kohlrabi Starship » est né de l’imagination de la zurichoise Katja Wolff et de son studio Whimsical Wolff Games. Le jeu a déjà bénéficié à plusieurs reprises du soutien de SwissGames : sa développeuse a pu participer à différentes plateformes consacrées aux jeux vidéo et a également bénéficié en 2024 d’un mentorat de «She Got Game» — sujet sur lequel nous reviendrons plus loin.

Katja Wolff a participé à la Gamescom cette année avec une version démo spécialement conçue pour l’occasion. « Pour moi, le contact avec les éditrices et éditeurs était particulièrement important afin de trouver un soutien pour le développement de “Kohlrabi Starship”, que ce soit au niveau du financement, du marketing, de la traduction et du portage », explique la développeuse. Les échanges avec les nombreuses expertes et experts se sont également révélés très enrichissants. « Mais ce qui a été encore plus utile et motivant, c’était de discuter avec les fans et de les observer jouer, afin d’améliorer le jeu », s’enthousiasme-t-elle. « C’est pour cette raison que j’étais à nouveau présente cette année avec un stand à l’Indie Arena Booth. »

Le jeu «Monuments to Ruin» « Monuments to Ruin » est lui aussi développé à Zurich, par le Studio Ohnsinn. Ce jeu de type tower defense se joue de manière stratégique : les dernières forteresses de l’humanité doivent être défendues contre un brouillard omniprésent, d’où surgissent sans cesse des hordes de monstres. « Nous avons présenté à la Gamescom une version d’exposition de notre jeu », explique Nino Coaz, développeur chez Ohnsinn. « Il s’agissait d’une version légèrement simplifiée de la version actuelle. »

Tout comme « Kohlrabi Starship », « Monuments to Ruin » pouvait être testé à l’Indie Arena Booth. Selon Nino Coaz, la participation au salon présentait deux avantages majeurs : « D’une part, nous avons pu échanger avec plusieurs éditrices et éditeurs ainsi qu’investisseuses et invesstisseurs, ce qui, espérons-le, débouchera sur des partenariats », explique-t-il. « D’autre part, c’était la première fois qu’Ohnsinn présentait le jeu au public sous forme de démo. Nous avons ainsi reçu de nombreux retours et suscité beaucoup d’intérêt, ce qui est très motivant et stimulant. » SwissGames a déjà soutenu «Monuments to Ruin», notamment par une contribution à la préproduction, puis à la production.
Pour la troisième fois, Natasha Sebben faisait partie de la délégation suisse à la Gamescom avec «Psychotic Bathtub». « Psychotic Bathtub » est une expérience narrative qui aborde la maladie mentale de manière abstraite et artistique. La protagoniste, Ophelia, est victime d’une psychose alors qu’elle prend un bain ; les joueuses et joueurs peuvent influencer le cours des événements en prenant des décisions. La développeuse zurichoise Natasha Sebben a présenté son jeu à l’Indie Arena Booth : la démo exclusive proposait cinq fins différentes ainsi que quelques embranchements narratifs encore inédits. « Nous avons pu retrouver notre communauté, ce qui compte beaucoup pour nous. La communauté fait partie intégrante de « Psychotic Bathtub », elle suit et influence activement le processus de développement », explique Natasha Sebben. « De plus, cette participation a également permis de nouer de nouveaux contacts dans le secteur et de soigner ceux déjà existants, tandis que plusieurs rendez-vous avec les médias ont eu lieu sur place », poursuit-elle. Pro Helvetia a déjà soutenu cet ambitieux projet à trois reprises (préproduction, production, postproduction) et a permis à Natasha Sebben de participer à plusieures platefromes. Pro Helvetia l’a également mise en contact avec le mentor expérimenté Rufus Kubica (11 bit studios). « Nous en sommes très reconnaissants », déclare Natasha Sebben.

L’initiative «She Got Game» faisait également partie de la délegation présente cette année à Gamescom. Cette initiative vise à soutenir les développeuses de jeux vidéo et ainsi promouvoir l’égalité des chances dans l’industrie. Lancé il y a trois ans, le programme a d’abord connu une phase pilote avant d’être pérennisé et intégré aux activités régulières de Pro Helvetia. « She Got Game » propose diverses mesures de soutien, telles qu’un mentorat personnalisé, des conférences et des formations au pitch. Les participantes reçoivent également une contribution de CHF 3 000 pour créer un prototype ainsi qu’un financement pour participer à une délégation internationale. À ce jour, les participantes ont ainsi pu se rendre à Gamescom à Cologne, à l’Africa Games Week au Cap ou à l’Exposición de Videojuegos Argentina (EVA) en Argentine.
« She Got Game » soutient non seulement les studios suisses, mais également des développeuses internationales. Parmi les participantes à la délégation Gamescom de cette année figurait en effet Nathaly Kalantar Cuellar, originaire de Lima : son Studio Inmerxia développe actuellement « Culture Party VR », une expérience de réalité virtuelle permettant de découvrir les danses péruviennes. « Nous avons présenté une version pré-alpha de “Culture Party VR” », explique Kalantar Cuellar. « Elle comprenait la boucle de gameplay principale, un environnement de jeu complet et le système d’interaction central. » L’objectif de cette présentation était de recueillir dès le début un feedback sur l’expérience de jeu, l’accessibilité et la représentation culturelle, avant que le projet n’entre dans sa phase de vertical slice.

« Notre participation à la délégation SwissGames nous a permis de rencontrer des éditrices et éditeurs, des curatrices et curateurs ainsi que d’autres collègues partageant notre passion pour des jeux vidéo riches de sens et ancrés dans la culture », explique Kalantar Cuellar. Lors de la présentation de « Culture Party VR », son studio a pu recueillir de précieux retours de la part des fans, qui seront utilisés pour affiner la conception interactive et l’orientation narrative. La développeuse péruvienne souligne également l’intérêt des sessions de réseautage et du mentorat proposés par SwissGames : ces deux dispositifs ont permis à Inmerxia de gagner « en visibilité et en assurance pour préparer les prochaines étapes de production et les futurs partenariats ».
Pour les studios sélectionnés, la participation au SwissGames Showcase s’est donc révélée particulièrement enrichissante. Vous retrouverez d’autres témoignages dans la première partie de notre rétrospective de la Gamescom 2025.

À propos de SwissGames
Initié par la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia, SwissGames promeut le secteur suisse du jeu vidéo, tant en Suisse qu’à l’international. Notre mission principale est de renforcer la visibilité des développeuses et développeurs de Suisse, de favoriser leur mise en réseau avec l’industrie internationale du jeu vidéo et de faciliter leur accès à de nouveaux marchés. Sous le label SwissGames, nous organisons et soutenons la participation suisse à des événements majeurs tout au long de l’année, avec des délégations phares à la Gamescom, à la GDC et au Nordic Game.




